Junk Garage

Dépotoir d'une otaku à temps partiel

11 mars 12

Vis ma vie d'étudiant Erasmus

Il y a eu les vacances de Noël, puis les adieux aux copains, les examens et enfin le cauchemar administratif de la réinscription.
Et me revoilà.

J'avais l'intention d'écrire un article pour les Sama Awards 2012, ça fait même des mois et des mois que j'ai le sujet en tête mais je n'ai pas eu le temps de le faire à temps. Enfin bref, il arrivera au moins un jour et causera de Mawaru Penguindrum, environ la seule et unique série que j'ai regardé depuis 6 mois.
Mais en attendant, je me disais que c'était un peu petit gros de disparaître comme ça pendant quelques mois pour revenir poster un pavé indigeste plein de théories foireuses, ainsi j'ai décidé de plutôt vous comptez un peu ma vie (ça fait rêver je sais) ou plutôt "mais qu'est-ce que tu as bien pu glander ces 6 derniers mois ?".

Les personnes qui suivent un peu savent que je passe cette année à l'étranger. Celle qui suivent encore un peu plus savent que je suis depuis déjà quelques temps étudiante en langues, formulation passe-partout s'il en est, et que donc partir en Erasmus pour ma dernière année était quelque chose que je me devais de faire. Et donc je l'ai fait.

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Choose your character

Mais remontons un peu dans le temps, il y a un et demi plus précisément. Après des débuts qu'on pourra qualifier de plutôt chaotiques, j'entame ma deuxième année de fac avec le sourire et pleine de motivation. J'ai comme beaucoup pour coutume de prendre en début d'année des résolutions dont je sais que je ne les respecterai pas, et celles pour 2011 étaient de "valider ma seconde année et partir en Erasmus". Je crois pouvoir dire à l'attitude de mes camarades que nous nourrissions tous à peu près ce même rêve en septembre 2011, et les professeurs nous poussant à suivre les démarches nous motivaient pas mal.

Les premières réunions ressemblent à des pub pour des clubs de vacances, où les responsables des relations internationales vous expliquent que partir en Erasmus, c'est trop chouette et ça change la vie. Rapidement, on tempère un peu le discours, en rajoutant qu'il faut quand même bosser, qu'il y a une certaine sélection à la base (mais j'y reviendrai) et que ça peut être dur pour certains de vivre à l'étranger. A ce stade là, vous avez déjà la moitié des effectifs qui se désiste. Face aux procédures d'inscription qui suivent, encore un quart s'enfuit en courant.
Et voilà, vous êtes fin novembre et des braves qui voulaient tous "passer l'année de leur rêve à l'étranger", il n'en reste déjà plus qu'un petit quart. Les derniers irréductibles, on va dire, qui n'auront pour seul mérite que de ne pas avoir oublié les délais pour passer le TOEIC et remplir les dossiers.
La vraie sélection ne se fait qu'à partir du moment de vous répartir dans différentes villes. Les places sont en effet relativement limitées, à savoir 1 ou 2 par université, et choper celle de vos rêves (??) revient donc à avoir de bonnes notes.

Pour une raison qui m'échappe totalement mais qui ne doit pas être indifférente au fait que tout le monde parle mieux Anglais qu'Espagnol, la grande majorité des gens a préféré partir vers la pluie et le froid en priorité. Ce ne fut bien sûr pas mon cas et c'est donc sans trop de problèmes que j'ai eu la fac que je demandais en Espagne. Oui, parce que je voulais pas Madrid ou Barcelone non plus. Nan moi je voulais Murcia, la ville que je connaissais juste pour ses restrictions d'eau et son refus du droit à l'avortement. La raison pour laquelle j'avais choisi cette ville m'échappe encore, mais elle doit avoir un certain lien avec les jolies photos de l'impressionnante faculté et le fait qu'au moins j'étais sure qu'on y parlait Castillan. Ce que j'ignorais par contre c'est que l'accent y était un des pires d'Espagne.


IMG_1441Mais si, vous connaissez Lorca !


It's dangerous to go alone ! Take this.


Le hasard voudra que j'atterisse à Murcia LE jour de l'année où il pleuvait. Murcia c'est (très) au Sud, calé entre les montagnes et la mer à une vingtaine de kilomètres : il y a une sorte de micro-climat sur la ville qui fait qu'il n'y pleut jamais. C'est plus de 300 jours de soleil par an, des hivers doux et des étés façon "four à micro-onde" où la température peut atteindre les 50 degrés, à la grande joie des cucarachas ("ah c'était pas une datte ce truc noir écrasé dans la rue ??")
A mon arrivée début septembre, on était encore en plein dans la chaleur -comprenez 35-40 degrés- et ça tombait bien, l'été avait été particulièrement pourri en France cette année là.
La faculté avait eu l'intelligence de proposer en début d'année deux semaines de "cours" d'Espagnol pour les étrangers, histoire de les remettre dans le bain et surtout avec pour motif plus ou moins caché de faire en sorte qu'ils rencontrent des gens. Ces cours, de l'ordre de 3 heures tous les matins, étaient en effet plus un prétexte pour se sociabiliser qu'autre chose.
Mes deux premières semaines c'était donc en effet très franchement le Club Med, avec en gros :

  • Cours le matin
  • Glandage l'après midi
  • Balades en fin d'après midi quand la température est supportable
  • Fête la nuit
  • Week end à la plage


Une autre chose fort agréable fut que le mois de septembre est l'occasion de grandes fêtes dans la ville type défilés dans les rues, feux d'artifices, danses folkloriques, etc, ce qui achève rapidement de te faire dire "je ne veux jamais rentrer chez moi !!!", impression qui ira en se reforçant encore avec le temps.

Le rythme de vie est très différent de celui qu'on a en France dans la mesure où tout fonctionne avec deux heures de décalage. Et tu croises des gamins et des vieux dans la rue jusqu'à 3-4 heures du matin en "été" ! Oui, parce qu'il fait encore 30 degrés à minuit aussi.
Le cliché de l'Espagnol qui fait la sieste est bien avéré dans la mesure où trouver une boutique ouverte entre 14h00 et 17h00 relève de l'exploit ; néanmoins sortir une fois entre ces heures et en plein cagnard suffit à comprendre le bien fondé de la chose. Il y a aussi le fait qu'ils travaillent jusqu'à très tard le soir (21h30) et que leurs fêtes durent aussi systématiquement jusqu'à point d'heure, mais s'ils doivent quand même se lever tôt le lendemain matin (tout reste relatif, rares sont les cours qui commencent avant 9 heures)

Au début j'étais perplexe quant au fait de déjeuner à 15 heures et de dîner à 22 heures, mais c'est un rythme qui se prend très, très vite. Et le fait que je passe de toute façon mon temps à bouffer n'aide pas. Ben oui, t'as des crêperies/churrerias/pizzerias ouvertes toute la nuit :3


100_0055Workin' hard à la terasse d'un café


Welcome to the jungle

A ce stade là de l'aventure, peu d'Espagnols ont réellement croisé votre route. A part dans la rue je veux dire. En effet, vous restez entre internationaux, vous parlez "l'Espagnol pour les nuls" (qu'on résumera par "aucun de nous ne sait ce mot mais c'est pas grave, on se comprend") et c'est cool comme ça. Le véritable serious business commence avec les cours, les vrais.
D'une part parce que vous vous heurtez à l'administration, aux emplois du temps faits à l'arrache, aux horaires qui se chevauchent, aux campus distants de 3 kilomètres (!!), aux cours qui n'existent plus et à ceux qui existent mais dont le niveau fait incroyablement plus peur en vrai que sur le papier.
Techniquement, avant le départ, vous devez choisir tous vos cours en vous basant sur ce que vous voyez sur internet. Évidemment, dans les faits les chances que ces cours ne soient pas aux mêmes heures est impossible, surtout quand comme moi vous étudiez de TOUT et donc dans TOUTES les facultés possibles et imaginables. Je veux dire, rien qu'en France dans ma propre fac j'avais des chevauchements à chaque semestre, alors imaginez un peu le truc quand c'est des cours que vous avez choisis à l'arrache "parce que le nom sonnait bien"... !
Au début on choisis donc ses cours pour les grasses matinées qu'ils laissent. Puis pour les professeurs. Puis pour le contenu vaguement ressemblant à ce qu'on étudie en France. Et puis on fin par en choisir un au pif juste parce qu'il tient bien dans l'emploi du temps et qu'il faut un certain nombre de crédits.

Ma licence fourre-tout a à la fois été une plaie à ce niveau là et une grande chance. Plaie parce que je me paye de passer d'une faculté à l'autre et donc de courir tout le temps. Oui, tout ce qui n'est pas lettres et droit est dans le désert en-dehors de la ville, 30 minutes en bus. Et une chance parce que ça m'a permis de rencontrer une grande variété de personnes, chance que n'ont pas eu ceux qui sont restés avec les mêmes gens tout le temps.
Avant de partir je me faisais la réflexion que jamais je ne voyais beaucoup d'Erasmus dans mes cours et que quand ils étaient là, ils restaient entre eux. Vu de l'intérieur, la tendance est la même. J'ai du mal à vraiment comprendre, mais il y a bien cette tendance des étrangers à rester entre-eux ce qui fait qu'on se retrouve dans des salles de classe avec les Espagnols d'un côté et les Erasmus de l'autre. Dur d'expliquer pourquoi, mais il y a une effet de rassemblement et telle la mouche attirée par la lumière, tu as naturellement tendance à te rapprocher des autres paumés. C'est assez bête dans la mesure où les Espagnols sont super ouverts et accueillants.
Dans mon cas, ça aura dépendu des classes, notamment parce que je me suis retrouvée dans certaines la seule étrangère, ou bien parce que les autres étrangers ne sont arrivés que bien après. Ca mène à des situations comiques, celle où l'étudiant Erasmus vient te voir hésitant pour te poser une question et capte soudainement que tu n'est pas Espagnole à ton terrifiant Sexy French Accent.


100_0184A Murcia on n'a pas d'eau mais on a des fontaines !


L'accent, justement. L'accent de Murcia est impitoyable. C'est un peu comme si les gens parlaient la bouche pleine : ils bouffent les mots (-s is a lie !) ce qui te donne l'impression d'entendre un beuglement au milieu duquel tu distingues vaguement ton prénom accentué bizarrement. Évidemment ce n'est qu'une question d'oreille, on fini par s'y faire, mais il n'empêche que ça entraîne plein de moments awkward, genre faire répéter 5 fois une phrase avant de comprendre que ce "Madona" c'était en fait "MacDonald's".

Enfin, il est de mon devoir de mettre fin au mythe "tu pars en Erasmus pour ne rien branler". Alors disons que oui, tu peux le faire. Ce qui n'est en revanche pas réalisable c'est "partir en Erasmus pour rien branler et valider quand même ton année". Je peux admettre que certains profs (et j'insiste sur le certains) soient plus indulgents envers les étrangers, mais ça ne va pas plus loin. Le nombre de gens que j'ai vu se ramasser était assez effrayant. Mis à part ça, avec l'administration c'est vraiment le joker "screw the rules, I'm Erasmus" qui te permet environ tout, dont ignorer franchement les délais, jouer au benêt avec une certaine crédibilité et leur faire ouvrir la porte quand ils sont fermés (je sais que tu en as toujours rêvé !!)

Et puis il y a la bonne humeur locale : des gens toujours prêt à t'aider, qui s'amusent à te baragouiner les trois mots de Français qu'ils ont appris à l'école et qui te demandent systématiquement "tu penses quoi de Sarkozy ??", les élèves curieux qui aiment te chambrer gentiment sur ta prononciation, voir ta résistance à l'alcool et qui te posent plein de questions débiles sur leur vision fantasmée de la France.
Le temps passant, tu réalises un matin que les beaux jours sont de retour, qu'il ne te reste plus que 2 mois de fun et surtout que la plage dans trois semaines, c'est pas qu'un mythe.

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17 nov. 11

J'ai testé : une convention espagnole

Il y a quelques semaines, une amie de ma colocataire m'a annoncé tout sourire qu'il y avait un salon du manga en ville le week-end du 11 novembre.
Soit-dit en passant, j'ignore comment elle savait que j'avais un quelconque intérêt en la matière, mais je l'en remercie.

En France je ne vais que très rarement en convention, c'est généralement plus un prétexte pour faire des IRL et dans tous les cas je n'y vais jamais seule. Ne connaissant ici personne en mesure d'être un tant soit peu intéressé par l'affaire, je savais donc que je n'allais pas y passer ma vie. De plus ayant prévu le week-end suivant une escapade touristique, il était hors de question de dépenser des sommes pas croyables, c'était donc pour ainsi dire juste la sortie "curiosité" du week-end. Pardon à l'avance pour le manque de photos et l'extrème foirage des peu qu'il y a.

affiche


Le salon s'étalait du vendredi 11 au dimanche 13, de 9h00 à 21h00. Avant que vous ne vous posiez la question, le 11 novembre n'est pas férié en Espagne. Hé, il n'aurait aucune raison de l'être !
Mon intention était d'y passer quelques heures durant un après midi et j'ai fait mon choix du jour selon le programme.
Bon déjà, pour le vendredi c'était mort puisque j'avais cours. Il y avait le samedi une conférence qui m'intéressait bien, mais elle était également le dimanche où en plus ils diffusaient le film de Trigun. Je suis donc partie sur ce dernier jour. Là où j'ai bien failé c'est que j'étais sûre que la-dite conférence serait à la même heure les deux jours, alors qu'en fait non. Du coup, je l'ai loupée parce que je dormais comme un bébé dans mon lit au moment où elle commençait. No comment...

Arrivée sur place, je peux vous dire qu'il n'y avait absolument pas foule. A tel point que je n'ai pas vu était le guichet o_O D'après une fille qui apparemment c'était fait les trois jours, c'était parce qu'on était dimanche. Je pense que je faisais partie des derniers à entrer et mon ticket titre dans un peu plus que 10 000, mais j'avoue ignorer si ça fait beaucoup, d'une part parce que je ne sais pas si c'est tellement répandu en Espagne, et aussi parce que la convention est assez jeune (troisième édition.)

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Pour l'occasion le Palais des Congrès de la ville avait été réquisitionné, même si ce n'était en fait que dans le bâtiment à côté relativement... petit. Et ce même si la convention occupait trois étages...
Au rez-de-chaussée les stands commerciaux, au nombre de 34 si on en croit le dépliant, ainsi que les fanzines. Tous entassés dans une salle relativement petite, donc, avec une hauteur sous plafond qui en rendrait beaucoup claustrophobes (et à raison !)
J'ai été étonnée par l'absence des stands éditeurs. Je dois admettre que je ne connais pas trop les éditeurs ici, ou même les publications en général (c'est aussi pour ça que ça m'intéressait d'y aller) mais je m'attendais à croiser au moins Glénat qui me semble être un des plus gros (si ce n'est le plus gros) sur le marché espagnol. Il y avait quand même de quoi remplir ses étagères en coffrets DVDs et bizarrement pas trop en mangas, sauf sur le stand de la Fnac (visage connu !) qui arborait d'ailleurs fièrement une peluche Charlotte. Vous savez, le monstre sympatique de Madoka... Par contre niveau goodies, comme d'habitude ça y allait franco, avec relativement peu de HK à ma grande surprise (encore une fois). J'ai même regretté d'être venue sans le sous en voyant les recueils d'illustrations Pixiv...

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Au premier étage se situaient les stands des associations, les bornes de jeux-vidéos, ainsi qu'une salle d'exposition. On trouvait dans cette dernière des illustrations d'auteurs espagnols en soutient au tsunami de ce début d'année, dont j'ai pris mes préférées en photo.
Il y avait aussi un stand BJD (aucune idée de pourquoi il était là et pas ailleurs...) dont je ne me suis pas trop approchée vu la faune qui traînait autour et la chose qui a rapidement attirée mon oeil...
Deux mêtres plus loin se situait en effet un papercraft du Gundam Unicorn, dont j'évaluerais la taille à 1m70. Réellement impressionnant à voir, il a été construit par Newtype, une association locale, au prix de (à en croire l'affiche) 643 pièces, 48 m² de papier, 525 heures et 22 bonnes âmes. Ils exposaient aussi leurs Gunpla dans une petite vitrine à côté. J'ai dérapé par la suite vers leur stand pour leur passer le bonjour et ça m'a un peu attristée de voir qu'entre deux posters Gurren Lagann et VOTOMS ils se prostituaient en en vendant aussi des Junjo Romantica... Bon d'un côté je les comprends, mais ça les a surpris de me voir débarquer et leur demander des badges débiles type Char en pedobear (voyez comme je fais de mon mieux pour maintenir l'excellente image des Français à l'étranger)
Malheureusement ils ne vendaient pas de poster Gundam yaoi. Non non, même pas de Wing !

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Le sous-sol était grosso modo seulement utilisé par la cafétéria reconvertie en salle de jeux de cartes et de plateau pour l'occasion. Au fond on trouvait la salle de projection où j'ai donc terminé mon après-midi devant le film de Trigun qui était bien mais doublé, donc je ne suis pas sûre d'avoir exactement saisit tous les gags. Oui, Vash a un bon débit.

Je suppose que c'est par manque de place, mais j'ai trouvé dommage qu'il n'y ait eu en définitive que si peu de diversité dans les activités de la journée. Tout était étalé sur les trois jours, ce que je peux comprendre pour des choses vraiment ponctuelles type concours, mais pour le karaoke par exemple, j'ai plus de mal à saisir l'idée. Surtout le mettre un vendredi matin durant une heure et demi...


Enfin laissez-moi terminer par une petite minute culturelle !

-J'ai croisé beaucoup de Naruto et de One Piece, mais pas de Bleach. Kuroshitsuji a au moins autant de fangirls qu'en France, et je ne parle pas des Vocaloïds.

-Il n'y a pas de free hugs, mais des abrazos regalo, ce qui est vraiment exactement la même chose mais traduit. On saluera au moins l'effort d'adaptation.

-Le terme "nerd" s'emploie, mais pas celui de "geek". L'Espagnol a son propre mot pour ça : friki.
Ca vient du freak anglais.
J'aime l'idée.

Posté par Katua à 22:29 - Divers - Commentaires [5] - Permalien [#]
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22 oct. 11

Steins;Gate : toki ga mieru !

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En y pensant très fort, je suis sûre que vous arriverez à vous convaincre que ce message a été rédigé il y a deux semaines et que ce titre n'est pas tout pourri et honteux.

J'aime beaucoup la science-fiction. Je n'y connais pas grand chose et la plupart des concepts "scientifiques" qu'ils soient réels ou non, me passent par dessus la tête. Mais je suis du genre à aimer passer un après midi à regarder les reportages de banalisation scientifique de Arte parce que ça me fait sentir intelligente et aussi parce que c'est super intéressant. Ne me demandez pas pourquoi j'ai fait L malgré tout, la passion et les capacités divergent parfois de façon drastique, ça fait partie du jeu.

J'aime penser que grandir avec Retour vers le Futur, Un jour sans fin, Valerian et Laureline, Chrono Trigger ou Zelda Ocarina of Time a créé chez moi cette espèce d'obsession que j'ai pour les scénarii mettant en avant les voyages dans le temps et surtout, les paradoxes temporels. Je me dis d'ailleurs que les générations élevées à Doctor Who doivent avoir de sacrées séquelles...
Je ne connais pas beaucoup d'animes qui traitent de ce sujet et ce de façon exclusive, je crois en fait Steins;Gate est le premier que je croise. Si vous avez d'autres noms, n'hésitez pas à balancer en commentaire, je vous en serai reconnaissante !

Okabe Rintaro, dit Okarin (et pleins d'autres trucs aussi), 18 ans alors qu'il en fait 25, est un geekos un peu taré qui a monté un laboratoire avec ses potes dans un appartement loué à un réparateur télé. Il s'y livre à des expériences visant à créer des objets futuristes, qui sont invariablement des gros échecs. Mais un jour, coup de bol, ils parviennent sans vraiment à comprendre comment à créer avec leur micro onde un système permettant d'envoyer des SMS dans le passé. La méthode est rudimentaire et peu rodée, mais suffisante pour leur apporter rapidement beaucoup de problèmes... Car évidemment Okabe et ses amis n'avaient pas mesuré à quel point il était dangereux d'essayer de modifier le passé. Tous geeks qu'ils soient, on dirait qu'ils ne connaissent pas trop leur sujet.

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Mais qu'a fait la science !?

Sans y être allée à reculons, on ne va pas dire que j'étais forcément enthousiaste malgré tout à l'annonce de cette série.
Deux raisons : Chaos;Head évoque un traumatisme particulier chez moi. C'est une série que j'ai regardé jusqu'au bout plus par masochisme qu'autre chose... Le fait que Steins;Gate se passe dans le même "univers" m'apparaissait comme tout sauf positif. Je sais que Chaos;Head a souffert d'une adaptation faite à la machette, mais le concept même m'avait rebutée, donc je ne savais pas à quoi m'attendre de la part des mêmes créateurs.

Et puis, au risque (que j'assume) de froisser ses fanboys, j'ai jamais compris la popularité de huke. J'aime environ rien de ses dessins, que ça soit l'inexpressivité de ses personnages ou sa tendance à rajouter trois tonnes de textures pour faire "trokoold@rk". Je suis d'ailleurs contente que le design de l'anime n'y soit pas spécialement fidèle, même si je ne l'apprécie pas spécialement non plus.
Les premiers retours sur la série étaient tout de même positifs : plus les semaines passaient et plus les éloges fleurissaient. J'ai finalement décidé d'attendre d'avoir une vraie connexion la fin de la diffusion pour m'y mettre.

Brillante idée, pour une fois. De regarder la série, mais surtout de la rusher, je veux dire.
Je n'aurais pas tenu la longueur hebdomadairement, les deux premiers épisodes sont vraiment laborieux et font tout pour perdre le spectateur. Ils sont volontairement opaques et enchaînent les fautes de goût, mais l'engouement arrive vite passé ce "cap", bien qu'on réalise assez rapidement que derrière son aspect faussement complexe, Steins;Gate est en réalité une série d'une simplicité presque déconcertante.

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Si Mayuri peut comprendre, vous aussi.

On pourra aisément découper la série en deux parties. La première se place dans une ambiance un peu mystérieuse et malgré tout bon enfant, où l'on voit notre bande de potes s'élargir et tester leur nouvelle invention. La seconde est plus SERIOUS BUSINESS.
Le premier truc qui saute à la tête, c'est que Steins;Gate s'adresse à un public un peu otaku-geek et qu'il ne s'en cache pas : l'intrigue de la série est basée sur des anecdotes et autres légendes du web. Le personnage de John Titor est une personne réelle (ses "actions" sont reprises à l'identique dans la série) et l'histoire du CERN et de son "trou noir" a suffisamment fait le tour des télévisions pour que je vous épargne un résumé des faits. On retrouve aussi diverses références à des rassemblements otaku et autres maid cafés, ainsi qu'à un certain image board.
Personnellement ça m'a plutôt fait rire, exactement comme ce genre de choses m'ont amusée dans The World Ends With You ou encore Durarara!!.

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Puisqu'elle te dit qu'il est COLLECTOR !!!

Ce qui m'a moins amusée en revanche, c'est que les personnages suivent le même chemin. La première heure est un défilé dans la galerie des horreurs : tsundere, moeblob, maid-nekomimi (COMBO), amie d'enfance décérébrée à gros seins et même trap sont de la partie. Pour moi la grosse faiblesse de la série se situe à ce niveau là, notamment parce qu'elle montre à plusieurs reprises qu'elle aurait largement pu s'en passer.
Par exemple, deux de ces personnages n'apparaissent que très peu au final. L'héroïne, Kurisu (Chris ?), s'en serait très bien sortie avec son premier stade de "jeune prodige bonasse" déjà assez lourd, mais pour une raison qui m'échappe ils se sont dit que les tsundere, c'était cool (oui, ça m'échappe vraiment) et donc Kurisu va se mettre à rougir stupidement pour rien.

On dirait qu'ils ont bêtement voulu remplir leur quota de clichés, et ça le fait moyen, même si ça s'insère finalement bien dans le reste du décor.
Heureusement, à la manière d'un Higurashi no naku koro ni (bien que les personnages soient, entendons-nous bien, largement plus faibles) en tant que groupe ils fonctionnent très bien. Même si au début elle peut laisser pantois, on fini par croire à l'amitié qui les lie et les suivre dans leurs délires "scientifiques" devient un vrai plaisir. Ca confirme que j'apprécie ce genre d'alchimie et d'ambiance "bon enfant", point que j'avais déjà bien aimé dans Loup=Garou ou Dennou Coil, bien que ces séries n'aient rien à voir entre-elles, hein.

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J'ai 18 ans et j'emmerde les Prix Nobel

La seconde moitié de la série m'a malheureusement moins emballée.
La rupture est marquée par un épisode choc lors d'une scène fichtrement bien réalisée et laissant sur les fesses. Passé ce cap, le rythme s'accélère et une véritable course contre le temps (hoho) s'engage pour Okabe et ses amis. Grosso-modo, on peut dire que cette seconde partie applique les principes mis en place dans la première. C'est assez louable comme méthode, malheureusement je n'ai pu m'empêcher d'être frustrée.

Pourquoi ?
Parce qu'alors que les histoires de voyages dans le temps ont un potentiel de mindfuck et de folie terrible, Steins;Gate ne fait que légèrement exploiter le principe. Rien de super élaboré, une simple utilisation du principe de l'Effet Papillon, qui bien qu'étant agréable laisse un goût de trop peu dans la bouche quand on pouvait légitimement en attendre plus. Peut être ai-je été trompée par les quelques avis que j'avais lu à droite et à gauche durant la diffusion de la série et qui semblaient sous-entendre qu'elle était complexe... Mais quoiqu'il en soit, non, elle ne l'est pas. Branchez votre cerveau deux minutes et même Retour vers le Futur est plus apte à vous filer un mal de crâne, c'est dire.

Je fais peut être partie d'une minorité à préférer le blabla à l'action la plupart du temps, je n'en sais rien, mais face à ce genre de synopsis, oui clairement. Sinon j'ai l'impression qu'il y a eu mensonge sur la marchandise. Et non, le fait que Steins;Gate soit à l'origine un Visual Novel n'était pas spécialement un signe précurseur, lire Umineko no naku koro ni m'a prouvé que le support pouvait autant sinon plus donner mal à la tête et troller le lecteur que n'importe quel bouquin.
Au crédit de la série, ça lui évite de se ramasser et de sombrer vraiment dans le n'importe quoi total. Elle reste relativement cohérente de bout en bout et même la fin qui aurait tendance à m'énerver en temps normal n'est pas si déplaisante que ça.

Ça ne veut pas dire que la seconde partie de Steins;Gate est mauvaise, bien sûr. Une fois que fois que j'ai accepté mon triste destin, je n'ai pas fait comme Okabe : je ne me suis pas acharnée et j'ai préféré me laisser porter gentiment. Ca me réussi mieux qu'à lui et j'ai tout enchaîné avec plaisir jusqu'à des heures peu recommandées quand on doit se lever le lendemain. C'est bête à dire, mais ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti une telle envie d'enchainer les épisodes avec un anime. C'est quelque chose que je fais en fait assez rarement ces derniers temps, soit parce que je suis les séries hebdomadairement, soit parce que j'ai pour principe de me limiter à 2 épisodes par jour maximum quand je regarde en DVD... Ou bien tout simplement parce que ce que je regarde ne me passionne pas des masses.

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"A suivre ????"

D'ailleurs niveau rythme, j'ai trouvé la seconde moitié meilleure que la première. Le truc qui m'y avait choquée, c'était les fins d'épisodes qui arrivaient sans prévenir comme un cheveux sur la soupe. La seconde partie est plus dans l'esprit "je te balance un gros cliffhanger 2 secondes avant la fin" ce qui pousse invariablement à se jeter comme un requin sur la suite. Je plains vraiment ceux qui ont suivi la série hebdomadairement : ils ont dû dormir au début et avoir des envies de suicide à la fin. En tout cas je sais qu'à leur place, ça aurait certainement été mon cas.

Le ton devient résolument pessimiste et le drame s'installe aussi correctement, bien que certains épisodes manquent profondément d'impact. Évidemment, comment voulez-vous vous attacher à un personnage qui a des cheveux roses, une voie de fausset, des oreilles de chat et qui termine toutes ses phrases par "nyan" ?? Comment voulez-vous avoir de la pitié pour ce personnage, ou même le plaindre ? Moi j'aurai plutôt envie de le voir finir au feu...
Peut être que les créateurs partageaient cette pensée (non ce n'est pas du spoil, Feris ne fini pas incinérée, calmez vous) car ce personnage et ses autres compatriotes clichés numéros 2 et 3 sont rapidement mis de côté, eux et leur Passé Torturé©.
De la même manière, les "méchants" sont assez caricaturaux et font plus rire qu'autre chose, mais ils n'occupent pas une place tellement importante dans la série, puisque l'ennemi principal de notre héros est bien sûr le temps lui-même et la façon dont il est devenu vicieux, comme en réponse à ses expérimentations.

J'ai eu tout du long l'impression que la série ne se prenait pas super au sérieux, bien qu'il soit question d'enjeux de plus en plus démesurés. Peut être est-ce pour cela que j'ai fini par relativement m'attacher à Mayuri, la fameuse amie d'enfance décérébrée à gros seins, qui fini par occuper une place très importante au coeur de l'intrigue malgré son inactivité flagrante.
Mais bon vous savez, les adaptations des jeux Key sont mon péché mignon, donc il est possible que je sois aussi attachée à la niaiserie... Mayuri m'a néanmoins plu dans le fait qu'elle ne soit pas un personnage auquel ils se sont sentis obligés de rajouter un Passer Torturé©, contrairement aux autres (à l'exception d'Okabe et de Daru l'otaku, les deux seuls hommes de la bande)
J'ai malheureusement peur que ce choix n'ait été fait que pour faire contre-poids avec le karma pourri qu'elle cumule par la suite, mais bon... J'ai bien aimé ce qui se dégage de son duo avec Okabe, ils parlent peu mais communiquent avec de longs regards affectueux et ça me rend toute guimauve :3

Le seul personnage féminin qui, objectivement cette fois, me parait se démarquer est Suzuka, même si ça partait assez mal. Je n'en dirais pas plus, mais elle a droit à pas mal de développement et à des scènes très bonnes où pour une fois, l'implication sentimentale y est pour de bon (ah, l'épisode 16...)

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La première fois que je peux blairer
Mamoru Miyano depuis Death Note

Malgré sa configuration harem (gardons à l'esprit que le casting est composé à 80% de femmes...) ce n'est pas du tout l'impression finale qui ressort quand on regarde la série. Il n'y a pas d'ambiguité, pas de scènes de drague ou autres où les filles tombent toutes aux pieds du héros, et tant mieux.
Okabe est un héros lui-même différent de ce qu'on a l'habitude de voir. Son trait dominant (du moins au début) est qu'il est un peu dérangé du ciboulot. En réalité cet aspect à tendance à s'éclipser, puisqu'on comprend assez vite qu'il n'est pas vraiment fou et que c'est plus sa façon de s'amuser. Alors quand le SERIOUS BUISINESS commence, il ne rigole plus... Il hurle, pleure, se débat et surtout, il en chie.
Et ça, c'est cool.

On s'attache bien à Okabe. Il est pathétique mais humain et surtout, il a des moments de bravoure et de classe qui le rendent supérieur à la masse de héros acharismatiques peuplant ce genre d'adaptations.
C'est d'ailleurs paradoxal que Steins;Gate ne suive pas la voie harem alors que les donzelles de ce type de productions tombent d'habitude dans les bras des plus gros loosers possibles sans raisons particulières. Bien sûr, Okabe est aussi un looser, mais disons qu'il est un looser sympathique, à la manière d'un Keiichi.


Deuxième référence à Higurashi, troisième à When they cry, il est temps de mettre rapidement un terme à cet article.
Mangez du Steins;Gate, je ne pense pas que vous aurez l'impression de perdre votre temps, au contraire.
En raison de quelques défauts assez énervants, elle n'est pas LA série de l'année, mais elle fait largement partie du lot de tête, alors pourquoi s'en priver ?

steins-gate-08
*disparait dans un nuage de fumée*

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10 sept. 11

Hasta la vista, baby

L'heure étant au 3615 ma vie, je m'y mets aussi.

Certains de mes lecteurs le savent déjà, d'autres pas, mais je passe cette année à l'étranger, dans le Sud-Est de l'Espagne plus précisemment.
J'y suis depuis une semaine et depuis tout ce temps je cherche désespérement à avoir une connexion internet viable. Ca vient de ce produire. Oh, pas de façon "normale", vous comprenez, ouvrir une ligne ici c'est au moins aussi chiant que de le faire en France sauf qu'en plus on me demande un passeport (que je n'ai pas, Europe, libre circulation des personnes, tout ça...) Les seuls trucs sans engagements sont bien évidemment des clés 3G et aucun être humain n'a assez de reins pour pouvoir décemment surfer avec. J'alterne donc avec les WIFI plus ou moins stables que mon ordinateur arrive à capter, pour le meilleur comme pour le pire, et ça me tape pas mal sur les nerfs.
Et je dois encore attendre jusqu'au 19 pour pouvoir profiter de l'internet de la fac...

Bref, ça c'était pour le côté pratique, pour le reste ce n'est pas ma connexion mais bien le reste qui risque de changer un peu le contenu de ce blog. Pas des masses non plus, mais disons qu'il y a des chances pour que plus de racontage de vie, de photos pleines de soleil et de ciel bleu viennent envahir ces pages. Concrètement, je ne suis de toute façon pas grand chose cette saison, mais c'est au niveau des mangas que ça me fait vraiment mal de devoir mettre en hiatus de force les séries que j'achetais religieusement.
Le déménagement de mon appartement de Lyon, où je vivais depuis 3 ans, et le nombre de volumes accumulés m'ont fait réaliser qu'il ne serait pas très judicieux de commencer à flamber en bouquins ou DVD cette année...

Restez branchés !

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