Junk Garage

Dépotoir d'une otaku à temps partiel

25 nov. 09

Shikabane Hime : la vengeance en sailor fuku

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Un article sur une série sans prise de tête pour inaugurer dignement ce blog.

Lycéennes, flingues, zombies et bourrinage massif au programme de ce Gainax un peu boudé par la critique...

Les gens qui meurent en emportant avec eux de profonds regrets de leur vie passée n'ont pas accès au paradis. Ils reviennent d'entre les morts et sèment le chaos, rongés par la haine et par l'envie de tout recommencer à zéro. Afin de contrer ces Cadavres (Shikabane) dangereux pour la population, le culte Kougon fait appel à d'autres Cadavres biens spéciaux. Sous l'apparence juvénile de jeunes filles, ces maitresses du carnage et du combat rapproché à la force surhumaine sont des « Shikabane Hime ». Impossible pour elles de trouver le repos éternel qu'elles convoitent tant, à moins de tuer 100 Cadavres, après quoi l'accès au paradis leur sera ouvert. Makina notre héroïne est une Shikabane Hime, mais contrairement aux autres, elle ne cherche pas le repos, mais la vengeance.

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Et dieu sait qu'un Cadavre, c'est dégueux.

Il n'y a à mon avis que peu de mystères quant à la relative haine qu'a engendrée cette série.

En 2007, Gainax revenait sur le devant de la scène avec son Tengen Toppa Gurren Lagann, un anime au succès tant critique que populaire. « L'après Gurren Lagann » s'annonçait meurtrier pour la pauvre série qui aurait le malheur de suivre et c'est donc notre Shikabane Hime qui a hérité de ce rôle peu enviable. La série n'en avait jamais la prétention pourtant pas mal de gens en ont attendu monts et merveilles d'où un retour à la réalité plutôt dur : non Shikabane Hime n'est pas le « digne successeur » de Gurren Lagann, dans le fond comme dans la forme. On a ainsi pu assister à des élans de haine et la naissance de débats très pertinents de type « mais Makina porte-t-elle une culotte ? », un sort que la série ne méritait pas forcément.

Ce que dans leur élan de haine les fanboys ont oublié, c'est que Shikabane Hime remplissait en revanche parfaitement son contrat d'anime bourrin et sans prise de tête, parti pris qu'affichait déjà clairement le synopsis.

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Elle a un flingue et elle hésitera pas à l'utiliser !

 

L'ambiance de Shikabane Hime est digne d'un film d'horreur type zombie et les fans du genre devraient s'y retrouver : c'est glauque, dérangeant et souvent assez dégueulasse. Les amateurs de bonne chaire devraient aussi trouver leur bonheur, Gainax ne lésinant pas, une fois encore, sur le fanservice et les demoiselles aux formes généreuses. En plus les monstres douteux permettent les valeurs ajoutées types tentacules ou autres variantes "appétissantes". Oui, faut aimer. Heureusement ça sombre moins dans le douteux que d'autres animes du genre.

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It's tentacles time !

Le scénario d'une redoutable simplicité est servi par des personnages vus environ 50 fois. Ouri notre héros, qui comme beaucoup de héros de shônens est complètement inutile et passe les trois quarts de son temps à hurler, tombe en effet par hasard sur Makina, notre héroïne Shikabane Hime, et va décider de percer son secret (« mais pourquoi elle se trimbale couverte de sang avec une mitrailleuse dans chaque main ? »)

Ce qu'il ignore, c'est que son frère ainé, Keisei, est dans le coup, puisqu'il est l'allié de Makina dans sa lutte contre les Cadavres. Un triangle amoureux va donc se mettre en place et le résultat qui aurait pu s'avérer catastrophique ne l'est heureusement pas trop.

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Son design peu inspiré résume le personnage

Ouri a en effet pour lui que, bien qu'étant monstrueusement inutile, il n'est pas spécialement bête ou tête à claques. Il est juste... Un gros pot de fleur. C'est d'ailleurs marrant mais c'est quand il prend les devants et qu'il se transforme en un personnage « utile » qu'il devient par la même occasion assez lourd.

Makina est le personnage de type « froide dehors mais gentille dedans ». Contrairement aux autres Shikabane Hime, elle est animée par un profond désir de vengeance à l'égard de ceux qui ont tué sa famille et ôté sa propre vie par la même occasion.

Son garde-fou, Keisei, campe le rôle du « gentil grand frère un peu crétin mais pas trop en fait ». Il n'y a pas grand chose à dire sur le personnage, si ce n'est qu'il est très classe, doublé par Keiji Fujiwara et que l'humour qu'il est sensé apporté à la série est assez pitoyable.

Le reste du casting est principalement composé d'autres moines et de leur Shikabane Hime. Si le duo Keisei/Makina envoi déjà pas mal ce n'est rien du tout comparé aux autres... Les différentes Shikabane Hime sont en effet très charismatiques, classes et surpuissantes, tout en gardant une grande part d'humanité qui les rend au final à mes yeux beaucoup intéressantes et attachantes que Makina. Ca tombe bien, elles ont toutes autant le droit à leur moment de gloire et c'est pour moi un des bons points de la série. Les personnages, malgré leurs stéréotypes, arrivent à être attachants et à défaut d'être inoubliables on n'est pas tout à fait insensible à ce qu'il leur arrive.

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Sans les mains !!

Le principal problème de cette série c'est que avant de découvrir ces personnages là et les également très charismatiques et sadiques méchants de l'histoire, l'anime commence lentement. Très lentement même.

La première partie est composée d'histoires assez inégales suivant le format « monster of the week » (un épisode = un méchant) si cher aux séries du genre mais souvent mal maitrisé et donc lourd. Autant le dire, il faut bien s'accrocher pour ne pas lâcher la série, qui fini par révéler son potentiel autour de l'épisode 8.

C'est précisément là qu'on découvre que Shikabane Hime est doté d'un univers propice au drama de qualité et beaucoup plus développé qu'il n'y paraît.

Exit l'anime bourrin et sans âme, la qualité de la série ne décroitra pas (ou peu) passée ce stade et effectuera jusqu'à la fin un quasi sans-fautes. On notera au passage que la fin est d'un WTF assez remarquable, les gens qui connaissent Gainax ne devraient pas trop s'en étonner, mais là on atteins quand même les sommets du foutage de gueule >_<

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Hokuto la méchante tarée aux gros seins de l'histoire

J'ai été presque surprise de voir que le scénario justifiait assez habilement le fanservice, que l'univers était relativement creusé et que toutes les questions trouvaient finalement leur réponse... Alors certes, les ficelles sont grosses et on n'est que rarement surpris, mais ça ne gâche en rien l'impact des différentes scènes fortes de la série, souvent servies par une OST efficace sans être transcendante.

D'un point de vue technique, on retrouve la patte de Gainax avec une animation nerveuse et qui part dans tous les sens, même si c'est loin d'être parfait et que c'est généralement assez inégal d'un épisode à un autre. Le chara design est assez approximatif à titre d'exemple, Hokuto prend un bonnet à chaque nouvel épisode. Oui, il fallait le préciser. Chaque Shikabane Hime semble incarner un fantasme masculin, on a donc le classique sailor fuku avec Makina, mais aussi la loli, la meganekko, etc...

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Je sais pas vous, mais moi ça me fait penser à Claymore...

Le casting est assez hétéroclite : les grandes pointures du genre côtoient des débutants en la matière, comme les seiyuus de nos deux héros, qui signent là leur premier rôle. S'ils peinent d'abord à être convaincants, il est bon de préciser qu'ils s'améliorent avec le temps.

On retiendra enfin et surtout les génériques tous interprétés par Angela et sa chanteuse à la voix toujours aussi remarquable, avec un opening qui résume admirablement le topo en 1:30 et des endings offrant des artworks quelque peu... Discutables.

En conclusion un anime pas prise de tête, qui a le mérite de tenir ses promesses. Ce n'est pas transcendant, juste bien défoulant !

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GIRL'S POWER !!


Posté par Katua à 18:28 - Japanime - Commentaires [0] - Permalien [#]
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