Junk Garage

Dépotoir d'une otaku à temps partiel

08 janv. 10

L'Odyssée de Kino, voyage dans la bizarrerie humaine

kinonotabi

Comme je l'avais déjà évoqué, l'Odyssée de Kino a été une de mes grandes découvertes de l'année passée. Pour tout dire, il s'est même glissé dans mes favoris à peine l'avais-je terminé. Tiré d'une série de light novel de Keiichi Sigsawa (Allison and Lillia) qu'il adapte partiellement, cet anime de 13 épisodes se rapproche plus du conte philosophique à la Petit Prince que du road movie classique.

 

Le principe de base est bête comme bonjour : Kino est une voyageuse qui parcours le monde sur sa motorade -une moto qui parle- baptisée Hermès. A chaque nouveau pays, elle découvre en même temps que le spectateur les lieux, les habitants mais surtout les traditions locales, allant des intrigantes au carrément gerbantes. Elle ne s'interdit qu'une seule chose : elle ne peut pas rester plus de trois jours dans le pays qu'elle visite.

Grâce à ce schéma en somme assez classique, l'auteur a la possibilité d'aborder une multitude de thèmes, comme le travail, la religion, la guerre, le despotisme, la répression, le respect et bien d'autres encore...

Il est assez difficile de parler de cet anime sans trop entrer dans le détail et même si je le faisais, je pense que je n'en effleurerai pas le quart du contenu ou ne lui ferai jamais vraiment honneur. Après réflexion, j'ai finalement sélectionné 4 épisodes incarnant 4 aspects de l'oeuvre qui sortent, à mon avis, du lot. Pas forcément par leurs qualités -ils ne sont d'ailleurs pas tous mes préférés- mais plus par la façon dont ils abordent certains thèmes ou par ce qu'ils apportent à la série et de fait la définissent mieux que de longs discours. Le but ultime étant d'arriver à parler de façon assez claire de cette série, aussi riche qu'intrigante, qui vaut le coup qu'on s'y penche une fois dans sa vie d'otaku. Rassurez-vous, j'ai fais en sorte de ne pas trop spoiler le contenu de ces épisodes ou d'en gâcher la chute.

 

naturalright

1- Kino : Le pays des adultes -Natural Right

Un anime épisodique qui ne jouit d'aucune trame de fond se doit d'assurer sur d'autres aspects comme l'ambiance par exemple ou l'univers, de sorte qu'on ai le courage de le regarder jusqu'au bout. L'Odyssée de Kino joue avant tout sur le duo que forment les deux héros et surtout sur son personnage central éponyme.

A la vue de son contenu, on serait tenté de dire que cet épisode, le 4ème de la série, arrive assez tardivement : on y explique en effet le point de départ du voyage entreprit par notre héroïne. La trame est plutôt simple : Kino se remémore son enfance dont elle semble avoir, plus ou moins volontairement, occulté pas mal d'aspects.

L'épisode, contrairement aux autres, ne nous place pas du point de vue du voyageur, mais de celui de l'habitant du pays. Les thèmes qu'il aborde sont variés. En vrac : les dérives de la science, l'asservissement au travail, le conditionnement et surtout la puberté et le passage à l'âge adulte, auxquels est ajouté l'omniprésence de la couleur rouge et de toute la symbolique qui va avec. L'Odyssée de Kino est une oeuvre qui n'hésite pas à jouer avec les symboles, de façon plus ou moins implicite d'ailleurs.

vlcsnap_115766

Tout ce qui est développé dans cet épisode permet en fait de mieux comprendre le pourquoi du personnage de Kino. Car c'est un personnage vraiment très intrigant...

Premièrement, son apparence est très androgyne : pour tout dire, avant de voir la série, j'étais persuadée qu'elle était un garçon et c'est une confusion qui existe aussi pour les autres personnages. Cet aspect est très renforcé par sa silhouette longiligne, son grand manteau d'homme et surtout sa coupe de cheveux. On notera aussi sa voix trop grave pour être celle d'une femme et trop aigüe pour appartenir à un homme (et je pleure sur le fait que ça soit à ce jour le seul rôle de Ai Maeda) Pourtant dans cet épisode, Kino est très féminine, que ça soit au niveau de sa voix ou de son apparence : cheveux longs, robe, ruban dans les cheveux... Il est même évoqué que son prénom est celui d'une fleur, définitivement féminin.

Kino est aussi sensée être une adolescente ou du moins, une enfant : elle est en effet plutôt petite et frêle. Si on ignore combien de temps sépare cet épisode 4 du reste de la série, on sait néanmoins qu'il se déroule lorsqu'elle va avoir 12 ans. C'est le seul moment où son âge sera évoqué, après les événements de cet épisode, le temps semble « stoppé » pour elle. Kino semble hors du temps en fait : elle est très mûre, très posée, elle est très douée en matière de survie et surtout, elle n'hésite pas à tuer les personnes qui en veulent à sa vie, traits qui tranchent nettement avec son apparence juvénile et son âge supposé.

vlcsnap_127758

Enfin la troisième caractéristique du personnage est sans aucun doute son caractère : elle est d'un naturel enjoué mais devient très effacée dès lors qu'elle met les pieds dans un nouveau pays. La Kino de l'épisode 4 est une jeune fille très active et joyeuse, celle que l'on a le reste du temps est tout le contraire. Bien qu'elle semble parfois choquée ou surprise, elle retient toujours ses émotions.

Dans cet épisode, l'auteur montre au spectateur que Kino est ainsi en raison de sa condition de voyageuse. La personne qui voyage est libre, elle s'interdit donc toute attache mais surtout tout jugement de valeur. Le voyageur n'est pas là pour condamner ou encourager les gens qu'il rencontre, pour les aider ou les aimer : il existe pour leur permettre aussi d'exister en dehors de leur petit univers, à la fois en parlant de leurs coutumes à d'autres personnes, mais aussi en leur apportant un point de vue externe aux leurs.

Dans tous les pays qu'elle fréquente, Kino est opposée à des gens très étroits d'esprit et qui ne se rendent pas compte de l'horreur de leurs actes, tout simplement parce qu'ils ont grandi avec et parce qu'ils ne bénéficient pas d'un point de vue externe pour leur montrer que ce qu'ils font « c'est bien » ou « c'est mal ». Le jugement moral ne s'impose à quelqu'un que s'il jouit d'un point de vu externe au sien. Pourquoi avoir honte de ses actes s'il n'y a personne pour vous-en refléter l'image ?

C'est le rôle que va jouer Kino tout au long de l'anime : face à elle -et via son personnage, face au spectateur- les personnes rencontrées voient les choses d'une façon extérieure à laquelle elles ne sont pas habituées, comme si on leur plaçait devant le visage un miroir reflétant la réalité de leurs actes. Le plus tragique reste que s'ils pourraient en profiter pour évoluer, ils ne le font en fait pratiquement jamais... Il est toujours plus facile d'ignorer une critique et de continuer son train-train quotidien que de se forcer à le changer...

vlcsnap_123650

Kino n'incarne rien de précis, pas le point de vue de Mme Y du pays X sur une situation donnée, mais celui d'un voyageur complètement vierge de tout préjugé et donc complètement objectif sur les faits, ce qui pourrait expliquer son physique si insaisissable et ses autres caractéristiques. Elle est comme neutre.

Cela permet non seulement à l'auteur d'aborder tous les sujets possibles, parfois bien immondes d'ailleurs, mais aussi d'inviter le spectateur à une une véritable remise en question de ses propres valeurs ce qui rend le récit d'autant plus prenant ou monstrueux : on pourrait tous être de ces personnes si ignobles que Kino croise, sans même sans rendre compte...

Bien sûr j'extrapole, les cas montrés dans la série tiennent pour la plupart de la pathologie ou sont vraiment extrêmes. Pour autant, c'est assez intéressant car ils permettent de se plonger durant un instant dans l'esprit des gens qui font le "mal" : en ont-ils vraiment conscience, par exemple, ou n'agissent-ils pas simplement en suivant ce que leur culture ou ce que les valeurs qu'on leur a inculquées leur dictent ? Et dans ce cas là, qui sommes-nous vraiment pour les juger, dans la mesure ou notre propre jugement se base sur des critères similaires ? C'est peut être pour ça que Kino ne fais jamais la morale aux gens qu'elle croise et se refuse d'intervenir de façon active et c'est ce qui empêche la série de tomber dans un manichéisme primaire.

potentialsofmagic

2- Spiritualité :Le pays des magiciens -Potentials of magic

 

La particularité de cet épisode est non seulement qu'il est relativement joyeux par rapport aux autres, mais surtout son titre. En effet, dans cette série, les titres des épisodes se divisent en deux parties. La première en français/japonais définie le lieu qui va être visité tel qu'on le voit au premier abord. La seconde partie en anglais (parfois douteux) apporte des précisions et permet parfois de comprendre vraiment où l'auteur voulait en venir. J'y reviendrai plus tard.

Dans ce pays, Kino fait la connaissance d'une jeune femme assez particulière. Obsédée depuis l'enfance par le marginal du village, un vieux génie incompris, elle rachète sa maison à sa mort et se met en tête de lui succéder. Car le vieil homme avait laissé derrière lui une multitude de croquis et d'études, entre-autre d'une machine qui serait capable de voler. L'ambition de la jeune femme se heurte malheureusement rapidement aux croyances des autres habitants du pays qui la considèrent comme folle.

vlcsnap_73667

La religion est un thème qui revient très souvent dans cet anime. Si cet épisode n'est pas le meilleur à en parler, il a l'avantage d'aborder la question d'un autre angle et donc de soulever d'autres questions. Plus que de s'efforcer à montrer le côté absurde que peuvent prendre certains comportements religieux, il met en avant le véritable obscurantisme de certains pratiquants et de la société de façon générale face à certains phénomènes scientifiques.

On connait tous Galilée, condamné par l'Eglise pour avoir déclaré que la Terre tournait autour du Soleil et avoir ainsi remis en question la supériorité de l'Homme au sein de la création. Il n'est qu'un des nombreux exemples de l'oppression qu'ont connus les penseurs qui osaient défier l'obscurantisme crasse au fil des siècles. Nul doute que c'est en se basant sur les expériences de ces gens que l'auteur a écrit cet épisode. Voler est décrit comme étant le plus grand rêve de l'Homme et dans Kino, c'est aussi le symbole de la liberté à son paroxysme ("Dès que je vois un oiseau voler, il me prend l'envie de voyager") : ce n'est pas pour rien non plus qu'il a axé l'épisode autour de cet objectif. Coincée dans un pays où être différent, c'est mal, notre héroïne d'un épisode cherche à s'émanciper via la connaissance. Il y a en fait assez peu de subtilités dans le discours : le Dieu local est en effet un être ailé, d'où le tabou suprême qui tourne autour de la machine volante...

vlcsnap_81732

Mais j'en reviens plutôt au titre si vous le voulez bien... Pas de magie à l'horizon, comme on peut le constater, ou du moins pas au sens propre du terme. La magie de cet épisode semble en fait être celle du rêve (-de voler) et la vision qu'a le peuple de la science. Ce qui ne s'explique pas, ce qui dépasse même Dieu, ce ne peut être que de la magie !

La conclusion de l'épisode est certainement le point le plus ambigu, car il laisse planer un doute sur la suite des événements, le plus perturbant étant que si l'avenir de ce pays là n'est pas montré dans cet épisode, les conséquences possibles apparaissent bien à travers d'autres. Comme on dit : tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser.

 

nothingiswritten

3- Abus de pouvoir : Le pays des livres -Nothing is written !

Pour aborder le thème de l'oppression, j'ai choisi cet épisode assez particulier. C'est le 9ème de la série et il parle de la censure d'une manière qui m'a immédiatement évoquée l'étrange Brazil de Terry Gilliam (c'est dire)

Kino croise un autre voyageur au milieu d'une tempête de sable. Elle lui offre de l'eau et il lui explique qu'il vient d'un pays dans lequel on trouve une bibliothèque contenant tous les ouvrages du monde. A cause de la répression qui y a lieu, il a décidé de fuir. Il confie à notre héroïne un étrange ouvrage en guise de remerciement et disparait.

vlcsnap_93504

Il serait difficile d'en parler plus en détails, cet épisode jouant énormément sur le procédé de la mise en abime : une histoire, dans une histoire, dans une histoire... De sorte qu'il devient très difficile de séparer ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas. Malgré cette forme perturbante le fond est, comme souvent dans cette série, assez limpide. On y parle de censure, un des nombreux visages que peut prendre l'oppression. Condamnés à lire des histoires triées par des censeurs, les habitants de ce pays ne sont plus guides de leur vie, mais de simple protagonistes d'une histoire qui semble écrite à l'avance. Face à eux s'oppose l'Auteur, un homme qui aurait réussi à "coucher le monde sur papier" et qui serait ainsi devenu seul maitre de son destin.

On nous montre que malgré l'absence de réelle violence physique, l'oppression est bien pire que jamais car empêcher un homme de s'exprimer, c'est l'empêcher d'écrire le propre livre de sa vie. La liberté d'expression est plus que jamais une liberté fondamentale mais sous l'autorité de personnes qu'elle dérange à cause de ses dérives possibles, on a tout simplement décidé de la supprimer pour le bien de tous. Les dérives évoquées évitent une fois de plus de faire sombrer l'histoire dans quelque chose de très manichéen. On ne voit par exemple pas de mégalo heureux d'oppresser son monde, au contraire, l'honnêteté avec laquelle les censeurs vont faire leur travail est presque troublante. Si le Château -lieu où sont emprisonnés les fauteurs de trouble- n'était pas en forme de champignon atomique, on croirait presque à leur bonne foi. Presque. Car au final, les deux parties semblent être sacrément dérangées.

vlcsnap_101076

Jusqu'où doit aller la liberté d'expression ? Peut-on vraiment laisser parler quelqu'un qui à travers ses écrits pourra déclencher violence et haine ? Et la censure est-elle vraiment une réponse appropriée ? Une fois encore, les réponses à ces questions resteront au choix du spectateur. Cet épisode est quant à lui à la fois très clair dans son message et magistralement mis en scène : les amateurs de contre-utopie y trouveront leur compte.

L'auteur engage également une réflexion sur la fiction et la façon dont elle permet de s'échapper et de voyager quelque soit la vie que l'on mène. Si être l'auteur de sa vie n'est pas possible, être le protagoniste d'une histoire est une alternative possible. Cela permet d'oublier le présent et d'être heureux, mais en contre-partie, on ne fait jamais que se voiler la face et oublier le cœur du problème qui lui, ne disparaitra pas.

 

 

tomorrownevercomes

4- Voyage : Un pays accueillant -Tomorrow never comes

Avec un titre comme "L'Odyssée de Kino", le sujet de cette partie me semblait tout trouvé. D'après mon ami le dictionnaire, une odyssée est "un voyage mouvementé, semé d'incidents variés, d'aventures". Le voyage tel qu'il est utilisé entre-autre dans la littérature classique est devenu rapidement synonyme d'initiation à la vie. C'est en voyageant, en s'ouvrant aux autres et à leur culture qu'on élargit notre esprit critique et notre vision du monde. Le rôle du voyageur comme Kino est d'aider ce phénomène. Des pays visités, elle garde un souvenir plus ou moins positif mais en tout cas marquant qui leur permettra de vivre à jamais à travers elle et le récit qu'elle en fera.

vlcsnap_131136

Cet épisode que j'ai choisi est le dernier de la série. Il est construit tout en parallèles avec l'épisode 4 que j'évoquais au début de cet article dans la partie dédiée au personnage de Kino.
Bien que les rumeurs des autres voyageurs décrivent ce pays comme inhospitalier, Kino décide de s'y rendre. A sa grande surprise, elle y découvre un peuple accueillant et sympathique, ainsi qu'une petite fille qui ressemble énormément à celle qu'elle était autrefois.

C'est la première fois de la série que Kino va véritablement s'immiscer dans les événements ou du moins, essayer de le faire. J'évoquais plus haut sa rêgle numéro 1 : ne jamais s'arrêter plus de 3 jours dans un pays. Cette limite qui est une des rares qu'elle se donne est essentielle. Elle a beaucoup de pays à visiter et autant de coutumes à connaitre et à faire connaitre. Aussi, dans un soucis d'égalité, elle ne peut pas rester plus longtemps dans un certain endroit. Il n'y a physiquement rien qui l'en empêche bien sûr, mais ça reste malgré tout une règle primordiale, la braver semble être lourde de conséquences dans l'esprit de Kino. Peut être parce que se sédentariser serait tout simplement une entrave à la liberté que lui offre sa condition de voyageuse. Ou peut être parce qu'elle y perdrait aussi son objectivité et sa neutralité.

vlcsnap_137644

Le devoir de mémoire est le thème central de l'épisode, comme pour faire écho à ce passé que Kino a effacé de la sienne. On y trouve pour la première fois des personnages humbles et soucieux transmettre quelque chose au monde via Kino. Ceux qui ont passé leur vie à être rejetés ont retenu la leçon, ils sont à ce niveau là les personnages les plus lucides de l'histoire et sont donc immédiatement plus sympathiques pour le spectateur que bon nombre d'autres personnages rencontrés. Pour une fois, leur coutume n'est pas considérée comme mauvaise, tout comme le fait que Amarante, la petite fille avec qui Kino se lie d'amitié, veuille reprendre la même vie que ses parents, notion critiquée dans l'épisode 4. Ces valeurs simples apportent un peu de douceur dans ce monde si gris que l'on visite tout au long de ces 13 épisodes.

~~~~~~~~~~~~

 

Le monde n'est pas beau, donc il l'est

Ce paradoxe sur lequel se base l'anime le résume finalement le mieux du monde. Il semble nous dire que chaque défaut, chaque qualité, nous qualifie de la même manière et que ces deux éléments ne sont jamais que deux aspect de notre être. Si le monde était parfait, lisse, uniforme, il ne serait pas beau car il serait monotone et fermé sur lui-même. Le monde est beau car il est bourré d'imperfections qui le rendent intrigant. La violence des uns peut se transformer en beauté et en bonté chez d'autres. Un environnement hostile peut devenir une oasis. Et les instincts les plus bas des êtres humains se transformer en tant de facettes fascinantes à explorer.

C'est aussi pour ça que j'apprécie cette série : elle ne cherche pas à imposer une vision des choses au spectateur. Elle expose les faits dans leur cruauté ou leur beauté et nous laisse le soin de vivre la chose comme on l'entend. Devant on ressent des sentiments très fort, de haine, de tristesse et de joie mais en tout cas, on ne reste jamais indifférent. Tout ça sans jamais nous prendre pour des abrutis et surtout sans nous faire la morale. Et rien que pour ça, je l'aime.

Posté par Katua à 20:47 - Japanime - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

Commentaires

  • Happy 2010 !

    Mille souhaits, mille voeux, mille petits bonheurs pour cette nouvelle année!

    bisous

    Casa

    Posté par Casa Dolce Casa, 08 janv. 10 à 21:45

Poster un commentaire