Junk Garage

Dépotoir d'une otaku à temps partiel

14 mars 11

Mars 2011 (manga et promo honteuse inside)

Pour changer, je vais parler manga.

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Je ne sais pas vous, mais moi quand j'ai commencé à acheter des mangas, j'étais au collège et alors bercée par de belles illusions. La principale était, qu'à l'époque, je croyais encore que la résolution "je ne commence une nouvelle série qu'une fois que j'ai terminé les autres que je lis" était tenable. C'était d'autant plus naïf de ma part que mes premières séries furent Yu Gi Oh! et 3x3 Eyes qui tournent respectivement à 38 et 40 volumes au compteur (et que je n'ai d'ailleurs jamais finies)
Évidemment, plus je me penchais sur le support et plus j'étais tentée de commencer autre chose, ce qui nous amène à la situation actuelle où je cumule "tellement" de séries en cours que mon porte-monnaie ne suit plus. Je ne suis pas du genre à hurler au loup quand on aborde le sujet de la mondialisation, du capitalisme, tout ça, mais faut bien avouer qu'en tant que brave mouton faible personne j'en suis une victime consentante : il m'a toujours été difficile de résister à mes pulsions d'achetrice compulsive. Je le suis certainement moins que tous ces gens que je vois débarquer avec des dizaines et dizaines de volumes aux caisses des librairies, mais chacun agit à son échelle, hein.

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Les gens qui me connaissent savent que je hais le scan du plus profond de mon être et que je le fuis comme la peste. Je ne fais que très peu d'exceptions puisque j'aime le toucher du papier, l'odeur de l'encre, les volumes qui s'entassent et prennent trop de place. Et bien sûr, mes yeux apprécient de ne pas se saigner sur des gros pixels. Alors quand une série qui m'intéresse fait pas mal parler d'elle sur internet, je pose une option "toi je t'achète quand tu sors en France !" parce qu'elle me semble être d'assez bonne qualité pour que je puisse l'acheter les yeux fermés.
Le problème c'est que, comme vous avez pu le constater, on assiste depuis quelques années à une véritable saturation du marché, avec plein de nouveaux titres qui sont acquis chaque mois et des plannings infernaux. Si Delcourt s'est engagé à ralentir la cadence, rien n'indique que ses concurrents suivent, pour le moment. Vous me direz, dans la liste des nouveaux titres, on compte bon nombre de daubes insignifiantes. Oui, mais aussi ces mangas que je tagais en "toi je t'achète quand tu sors en France !" (Deadman Wonderland ou Mirai Nikki, pour citer des noms) que je n'achète donc finalement pas, parce que bon, suivre 10 séries en même temps (plus les déjà terminées...) c'est juste impossible pour moi.

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Mais vous savez quoi, malgré tout je trouve que cette acquisition en masse de nouvelles licences a du bon. Parce qu'au milieu des titres daubés et des titres de qualité, il y a surtout des titres dont je n'aurai jamais espéré voir la couleur un jour et surtout pas en Français ! Le genre de manga dont tout le monde se fout, que même les scantraders boudent (c'est apparemment devenu la norme chez eux ces derniers temps d'ignorer les trucs inconnus) Et ça quoiqu'on en dise, ça fait vachement plaisir. Je me demande si les éditeurs les acquièrent en connaissance de cause (c'est bien le cas pour Moolight Act à en juger ce que dit Kaze) ou bien si pour eux ils font juste partie du package d'acquisitions mensuelles au même titre qu'un énième shônen merdique ou shôjo rose bonbon, toujours est-il que ces dernières années je me sens bénie par les éditeurs. C'est quand même assez ironique de devoir compter sur une sortie officielle pour contrer le manque de scantrad, c'est pas le contraire d'habitude ?

Vous vous direz : mais où elle veut en venir à la fin ?
C'est là que j'entre en mode fangirl.
Ce mois-ci sort un manga dont je ne pouvais espérer toucher le papier que dans mes rêves il y a encore quelques mois : Amatsuki.

Si ce nom vous interpelle, il y a trois solutions possibles :

  1. Vous étiez dans les parages quand mon taux de fangirlisme à son égard a explosé (auquel-cas vous êtes à l'instant présent en train de courir loin, très loin)
  2. Vous connaissez Pataphyx, fangirl de ce manga devant l'éternel.
  3. Ca vous évoque vaguement un anime produit il y a quelques années.

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(j'aime bien l'adaptation de la typo, au passage)


Amatsuki a en effet été porté en anime en 2008 ; anime qui réussissait à être fidèle au support d'origine tout en le dénaturant complètement. Il a au moins eu le mérite de me faire me lancer dans le manga, et peut-être était-ce là son objectif premier. Je crois que malheureusement peu de gens ont suivi le même chemin et c'est bien dommage parce que Amatsuki est un bon manga. Je voulais vous faire un billet dessus à l'époque où j'ai lu les premiers volumes, le brouillon traîne encore quelque part sur mon PC d'ailleurs, mais ma politique de ne parler que de ce que j'ai fini me restreignait. La-dite politique existe précisément pour ce genre de mangas, qu'il est difficile de juger juste sur le début, ou même la moitié, voir les 3/4. Mais l'occasion est juste trop bonne d'en toucher un mot et puis ça ne fait pas de mal un peu de pub :o

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Là gentil lecteur, c'est le moment où tu te demandes en quoi ce manga est différent des "shônen merdiques acquis à la pelle" dont je parlais plus haut et en quoi son arrivée en France tient du miracle...
Simple. Déjà, Amatsuki n'est pas un shônen (même si Kaze veut faire croire le contraire) Je me fiche complètement des classifications, il n'y a pour moi rien de plus débile. Mais dans ce cas précis elles ont le méritent de ne pas faire passer l'oeuvre pour ce qu'elle n'est pas. En l'occurence, quelqu'un qui attendrait un rythme soutenu et de l'action dans Amatsuki serait très, très déçu, compte tenu de la nature du titre pour le moins contemplative et introspective. Comptez 7 volumes juste pour l'arc d'introduction !

Ne pas se laisser désabuser par le pitch de départ ("un jeune lycéen se trouve plongé dans un autre monde" /originalité), ce manga est un peu le fils bâtard entre une histoire fantastico-folklorique dans la veine d'un Ôkami et un tripe SF à la Matrix (on a les références qu'on a) Curieux mélange qui marche bizarrement bien grâce à une intrigue qui laisse l'impression première d'être épaisse comme du papier cul et qui se révèle être finalement un espèce de casse-tête dont le concept devient par moment assez énorme. Si vous je dis qu'en plus c'est composé à 80% de dialogues et de réflexions sur le "moi" et la perception de la réalité, je pense que vous comprendrez que non, son acquisition n'était pas franchement gagnée.

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Cette annonce, ça avait un peu été Noël avant l'heure pour moi et je ne peux qu'être impatiente de pouvoir enfin le tenir entre mes mains et surtout de voir la tronche qu'aura la traduction. La lenteur des releases que ça soit pour l'anime ou le manga était en effet en partie dûe à la grosse masse de dialogues, mais apparemment aussi au niveau de langue assez complexe utilisé par l'auteur.
Ce n'est certainement pas un titre qui plaira à tout le monde à cause de sa grande lenteur, mais qui vaut le coup d'oeil pour les passionnés de folklore japonais et pour ceux qui aiment se prendre la tête sur leurs lectures. Ah oui, et les dessins sont très fins et beaux.
Manquerait plus que l'artbook suive la même voie et je serai la plus heureuse des fangirls :3 En attendant, laissez-lui sa chance avant de le reposer en grognant et en vous disant que ce n'est que le 20ème shônen stupide du genre à sortir chez nous.

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Posté par Katua à 12:25 - Mangas - Permalien [#]
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