Junk Garage

Dépotoir d'une otaku à temps partiel

22 oct. 11

Steins;Gate : toki ga mieru !

head

En y pensant très fort, je suis sûre que vous arriverez à vous convaincre que ce message a été rédigé il y a deux semaines et que ce titre n'est pas tout pourri et honteux.

J'aime beaucoup la science-fiction. Je n'y connais pas grand chose et la plupart des concepts "scientifiques" qu'ils soient réels ou non, me passent par dessus la tête. Mais je suis du genre à aimer passer un après midi à regarder les reportages de banalisation scientifique de Arte parce que ça me fait sentir intelligente et aussi parce que c'est super intéressant. Ne me demandez pas pourquoi j'ai fait L malgré tout, la passion et les capacités divergent parfois de façon drastique, ça fait partie du jeu.

J'aime penser que grandir avec Retour vers le Futur, Un jour sans fin, Valerian et Laureline, Chrono Trigger ou Zelda Ocarina of Time a créé chez moi cette espèce d'obsession que j'ai pour les scénarii mettant en avant les voyages dans le temps et surtout, les paradoxes temporels. Je me dis d'ailleurs que les générations élevées à Doctor Who doivent avoir de sacrées séquelles...
Je ne connais pas beaucoup d'animes qui traitent de ce sujet et ce de façon exclusive, je crois en fait Steins;Gate est le premier que je croise. Si vous avez d'autres noms, n'hésitez pas à balancer en commentaire, je vous en serai reconnaissante !

Okabe Rintaro, dit Okarin (et pleins d'autres trucs aussi), 18 ans alors qu'il en fait 25, est un geekos un peu taré qui a monté un laboratoire avec ses potes dans un appartement loué à un réparateur télé. Il s'y livre à des expériences visant à créer des objets futuristes, qui sont invariablement des gros échecs. Mais un jour, coup de bol, ils parviennent sans vraiment à comprendre comment à créer avec leur micro onde un système permettant d'envoyer des SMS dans le passé. La méthode est rudimentaire et peu rodée, mais suffisante pour leur apporter rapidement beaucoup de problèmes... Car évidemment Okabe et ses amis n'avaient pas mesuré à quel point il était dangereux d'essayer de modifier le passé. Tous geeks qu'ils soient, on dirait qu'ils ne connaissent pas trop leur sujet.

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Mais qu'a fait la science !?

Sans y être allée à reculons, on ne va pas dire que j'étais forcément enthousiaste malgré tout à l'annonce de cette série.
Deux raisons : Chaos;Head évoque un traumatisme particulier chez moi. C'est une série que j'ai regardé jusqu'au bout plus par masochisme qu'autre chose... Le fait que Steins;Gate se passe dans le même "univers" m'apparaissait comme tout sauf positif. Je sais que Chaos;Head a souffert d'une adaptation faite à la machette, mais le concept même m'avait rebutée, donc je ne savais pas à quoi m'attendre de la part des mêmes créateurs.

Et puis, au risque (que j'assume) de froisser ses fanboys, j'ai jamais compris la popularité de huke. J'aime environ rien de ses dessins, que ça soit l'inexpressivité de ses personnages ou sa tendance à rajouter trois tonnes de textures pour faire "trokoold@rk". Je suis d'ailleurs contente que le design de l'anime n'y soit pas spécialement fidèle, même si je ne l'apprécie pas spécialement non plus.
Les premiers retours sur la série étaient tout de même positifs : plus les semaines passaient et plus les éloges fleurissaient. J'ai finalement décidé d'attendre d'avoir une vraie connexion la fin de la diffusion pour m'y mettre.

Brillante idée, pour une fois. De regarder la série, mais surtout de la rusher, je veux dire.
Je n'aurais pas tenu la longueur hebdomadairement, les deux premiers épisodes sont vraiment laborieux et font tout pour perdre le spectateur. Ils sont volontairement opaques et enchaînent les fautes de goût, mais l'engouement arrive vite passé ce "cap", bien qu'on réalise assez rapidement que derrière son aspect faussement complexe, Steins;Gate est en réalité une série d'une simplicité presque déconcertante.

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Si Mayuri peut comprendre, vous aussi.

On pourra aisément découper la série en deux parties. La première se place dans une ambiance un peu mystérieuse et malgré tout bon enfant, où l'on voit notre bande de potes s'élargir et tester leur nouvelle invention. La seconde est plus SERIOUS BUSINESS.
Le premier truc qui saute à la tête, c'est que Steins;Gate s'adresse à un public un peu otaku-geek et qu'il ne s'en cache pas : l'intrigue de la série est basée sur des anecdotes et autres légendes du web. Le personnage de John Titor est une personne réelle (ses "actions" sont reprises à l'identique dans la série) et l'histoire du CERN et de son "trou noir" a suffisamment fait le tour des télévisions pour que je vous épargne un résumé des faits. On retrouve aussi diverses références à des rassemblements otaku et autres maid cafés, ainsi qu'à un certain image board.
Personnellement ça m'a plutôt fait rire, exactement comme ce genre de choses m'ont amusée dans The World Ends With You ou encore Durarara!!.

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Puisqu'elle te dit qu'il est COLLECTOR !!!

Ce qui m'a moins amusée en revanche, c'est que les personnages suivent le même chemin. La première heure est un défilé dans la galerie des horreurs : tsundere, moeblob, maid-nekomimi (COMBO), amie d'enfance décérébrée à gros seins et même trap sont de la partie. Pour moi la grosse faiblesse de la série se situe à ce niveau là, notamment parce qu'elle montre à plusieurs reprises qu'elle aurait largement pu s'en passer.
Par exemple, deux de ces personnages n'apparaissent que très peu au final. L'héroïne, Kurisu (Chris ?), s'en serait très bien sortie avec son premier stade de "jeune prodige bonasse" déjà assez lourd, mais pour une raison qui m'échappe ils se sont dit que les tsundere, c'était cool (oui, ça m'échappe vraiment) et donc Kurisu va se mettre à rougir stupidement pour rien.

On dirait qu'ils ont bêtement voulu remplir leur quota de clichés, et ça le fait moyen, même si ça s'insère finalement bien dans le reste du décor.
Heureusement, à la manière d'un Higurashi no naku koro ni (bien que les personnages soient, entendons-nous bien, largement plus faibles) en tant que groupe ils fonctionnent très bien. Même si au début elle peut laisser pantois, on fini par croire à l'amitié qui les lie et les suivre dans leurs délires "scientifiques" devient un vrai plaisir. Ca confirme que j'apprécie ce genre d'alchimie et d'ambiance "bon enfant", point que j'avais déjà bien aimé dans Loup=Garou ou Dennou Coil, bien que ces séries n'aient rien à voir entre-elles, hein.

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J'ai 18 ans et j'emmerde les Prix Nobel

La seconde moitié de la série m'a malheureusement moins emballée.
La rupture est marquée par un épisode choc lors d'une scène fichtrement bien réalisée et laissant sur les fesses. Passé ce cap, le rythme s'accélère et une véritable course contre le temps (hoho) s'engage pour Okabe et ses amis. Grosso-modo, on peut dire que cette seconde partie applique les principes mis en place dans la première. C'est assez louable comme méthode, malheureusement je n'ai pu m'empêcher d'être frustrée.

Pourquoi ?
Parce qu'alors que les histoires de voyages dans le temps ont un potentiel de mindfuck et de folie terrible, Steins;Gate ne fait que légèrement exploiter le principe. Rien de super élaboré, une simple utilisation du principe de l'Effet Papillon, qui bien qu'étant agréable laisse un goût de trop peu dans la bouche quand on pouvait légitimement en attendre plus. Peut être ai-je été trompée par les quelques avis que j'avais lu à droite et à gauche durant la diffusion de la série et qui semblaient sous-entendre qu'elle était complexe... Mais quoiqu'il en soit, non, elle ne l'est pas. Branchez votre cerveau deux minutes et même Retour vers le Futur est plus apte à vous filer un mal de crâne, c'est dire.

Je fais peut être partie d'une minorité à préférer le blabla à l'action la plupart du temps, je n'en sais rien, mais face à ce genre de synopsis, oui clairement. Sinon j'ai l'impression qu'il y a eu mensonge sur la marchandise. Et non, le fait que Steins;Gate soit à l'origine un Visual Novel n'était pas spécialement un signe précurseur, lire Umineko no naku koro ni m'a prouvé que le support pouvait autant sinon plus donner mal à la tête et troller le lecteur que n'importe quel bouquin.
Au crédit de la série, ça lui évite de se ramasser et de sombrer vraiment dans le n'importe quoi total. Elle reste relativement cohérente de bout en bout et même la fin qui aurait tendance à m'énerver en temps normal n'est pas si déplaisante que ça.

Ça ne veut pas dire que la seconde partie de Steins;Gate est mauvaise, bien sûr. Une fois que fois que j'ai accepté mon triste destin, je n'ai pas fait comme Okabe : je ne me suis pas acharnée et j'ai préféré me laisser porter gentiment. Ca me réussi mieux qu'à lui et j'ai tout enchaîné avec plaisir jusqu'à des heures peu recommandées quand on doit se lever le lendemain. C'est bête à dire, mais ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti une telle envie d'enchainer les épisodes avec un anime. C'est quelque chose que je fais en fait assez rarement ces derniers temps, soit parce que je suis les séries hebdomadairement, soit parce que j'ai pour principe de me limiter à 2 épisodes par jour maximum quand je regarde en DVD... Ou bien tout simplement parce que ce que je regarde ne me passionne pas des masses.

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"A suivre ????"

D'ailleurs niveau rythme, j'ai trouvé la seconde moitié meilleure que la première. Le truc qui m'y avait choquée, c'était les fins d'épisodes qui arrivaient sans prévenir comme un cheveux sur la soupe. La seconde partie est plus dans l'esprit "je te balance un gros cliffhanger 2 secondes avant la fin" ce qui pousse invariablement à se jeter comme un requin sur la suite. Je plains vraiment ceux qui ont suivi la série hebdomadairement : ils ont dû dormir au début et avoir des envies de suicide à la fin. En tout cas je sais qu'à leur place, ça aurait certainement été mon cas.

Le ton devient résolument pessimiste et le drame s'installe aussi correctement, bien que certains épisodes manquent profondément d'impact. Évidemment, comment voulez-vous vous attacher à un personnage qui a des cheveux roses, une voie de fausset, des oreilles de chat et qui termine toutes ses phrases par "nyan" ?? Comment voulez-vous avoir de la pitié pour ce personnage, ou même le plaindre ? Moi j'aurai plutôt envie de le voir finir au feu...
Peut être que les créateurs partageaient cette pensée (non ce n'est pas du spoil, Feris ne fini pas incinérée, calmez vous) car ce personnage et ses autres compatriotes clichés numéros 2 et 3 sont rapidement mis de côté, eux et leur Passé Torturé©.
De la même manière, les "méchants" sont assez caricaturaux et font plus rire qu'autre chose, mais ils n'occupent pas une place tellement importante dans la série, puisque l'ennemi principal de notre héros est bien sûr le temps lui-même et la façon dont il est devenu vicieux, comme en réponse à ses expérimentations.

J'ai eu tout du long l'impression que la série ne se prenait pas super au sérieux, bien qu'il soit question d'enjeux de plus en plus démesurés. Peut être est-ce pour cela que j'ai fini par relativement m'attacher à Mayuri, la fameuse amie d'enfance décérébrée à gros seins, qui fini par occuper une place très importante au coeur de l'intrigue malgré son inactivité flagrante.
Mais bon vous savez, les adaptations des jeux Key sont mon péché mignon, donc il est possible que je sois aussi attachée à la niaiserie... Mayuri m'a néanmoins plu dans le fait qu'elle ne soit pas un personnage auquel ils se sont sentis obligés de rajouter un Passer Torturé©, contrairement aux autres (à l'exception d'Okabe et de Daru l'otaku, les deux seuls hommes de la bande)
J'ai malheureusement peur que ce choix n'ait été fait que pour faire contre-poids avec le karma pourri qu'elle cumule par la suite, mais bon... J'ai bien aimé ce qui se dégage de son duo avec Okabe, ils parlent peu mais communiquent avec de longs regards affectueux et ça me rend toute guimauve :3

Le seul personnage féminin qui, objectivement cette fois, me parait se démarquer est Suzuka, même si ça partait assez mal. Je n'en dirais pas plus, mais elle a droit à pas mal de développement et à des scènes très bonnes où pour une fois, l'implication sentimentale y est pour de bon (ah, l'épisode 16...)

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La première fois que je peux blairer
Mamoru Miyano depuis Death Note

Malgré sa configuration harem (gardons à l'esprit que le casting est composé à 80% de femmes...) ce n'est pas du tout l'impression finale qui ressort quand on regarde la série. Il n'y a pas d'ambiguité, pas de scènes de drague ou autres où les filles tombent toutes aux pieds du héros, et tant mieux.
Okabe est un héros lui-même différent de ce qu'on a l'habitude de voir. Son trait dominant (du moins au début) est qu'il est un peu dérangé du ciboulot. En réalité cet aspect à tendance à s'éclipser, puisqu'on comprend assez vite qu'il n'est pas vraiment fou et que c'est plus sa façon de s'amuser. Alors quand le SERIOUS BUISINESS commence, il ne rigole plus... Il hurle, pleure, se débat et surtout, il en chie.
Et ça, c'est cool.

On s'attache bien à Okabe. Il est pathétique mais humain et surtout, il a des moments de bravoure et de classe qui le rendent supérieur à la masse de héros acharismatiques peuplant ce genre d'adaptations.
C'est d'ailleurs paradoxal que Steins;Gate ne suive pas la voie harem alors que les donzelles de ce type de productions tombent d'habitude dans les bras des plus gros loosers possibles sans raisons particulières. Bien sûr, Okabe est aussi un looser, mais disons qu'il est un looser sympathique, à la manière d'un Keiichi.


Deuxième référence à Higurashi, troisième à When they cry, il est temps de mettre rapidement un terme à cet article.
Mangez du Steins;Gate, je ne pense pas que vous aurez l'impression de perdre votre temps, au contraire.
En raison de quelques défauts assez énervants, elle n'est pas LA série de l'année, mais elle fait largement partie du lot de tête, alors pourquoi s'en priver ?

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*disparait dans un nuage de fumée*

Posté par Katua à 14:50 - Japanime - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

    Ouaip, j'en parlais sur Mata et c'est ce que je disais sur la série, une fois passé la moitié de la série et l'évènement choc, j'avais déjà deviné 80% de la suite.
    Mais après oui, c'est fluide et bien écrit, plaisant à suivre et ça donne envie. J'ai pas été trop dérangé par le coté cliché des persos, je trouvais que c'était pas trop poussé dessus (a par Moeka >_>). Et puis Okabe quoi, génie génial.

    Posté par Aer, 22 oct. 11 à 20:04
  • Ah ouais sinon, séries qui jouent avec le temps :

    - Simoun, que tu as vu (eh ouais hein)
    - Divergence Eve et Misaki Chronicle
    - Yojô-han Shinwa Taikei

    Y'a d'autres séries qui jouent un peu avec, genre Kurozuka, Gunbuster.
    Enfin c'est ce que je connais la.

    Posté par Aer, 22 oct. 11 à 20:16
  • C'est clair que Moeka avait bien mérité son Falcon Punch, et pas que pour les raisons auxquelles on veut nous faire croire...

    J'ai honte de pas avoir spontanément pensé à Simoun alors que c'est un des trucs qui m'avait vraiment plu dans la série :$
    C'est noté pour les autres
    (et une raison de plus pour que je mette à Gunbuster on dirait x) )

    Posté par Katua, 27 oct. 11 à 15:36

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